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Le supermarché 4: individualisme à outrance

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Une petite note sur le bonheur de faire ses courses en supermarché  qui me démange comme une puce dans le dos!

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photo trouvée sur http://www.pausesante.fr

Je vous explique, ce matin, j’ai été faire quelques courses dans le grand supermarché du coin. Nous faisons nos emplettes avec ma maman sans franchement de souci en s’amusant des mimiques renfrognées de certaines personnes face à l’encombrement de ma personne et au contraire, des joyeuses plaisanteries  d’un monsieur  mis au régime car je transportais d’énormes boites de gâteaux sur mes genoux,  à son grand désespoir . Nous arrivons aux caisses: premier mauvais point, une  seule caisse « prioritaire » sur 20 ouvertes environ, deuxième mauvais point, pas de caisse surbaissée ce qui est très infantilisant car j’ai le menton qui arrive au niveau du tapis. Mais bon, tout cela, ça passe.

J’arrive au meilleur: il y a  la queue à la caisse prioritaire car de façon génialissime, cette caisse est aussi une caisse rapide 5 articles. Oui oui, vous avez bien lu!  Donc nous arrivons et personne ne nous cède sa place, évidemment, ne nous accordant pas même à mon fauteuil et moi, l’ombre d’un regard. Mmmmm j’aime… J’avance un peu le fauteuil rien ne se passe, la moutarde commence à me chatouiller les narines et je dis à voix haute « Pourtant, c’est bien marqué sur les barres de séparation des articles – Si vous prenez cette caisse, vous aceptez de laisser votre place aux personnes handicapées et femmes enceintes- » C’est net, c’est clair. J’attends….: RIEN ne se passe. Alors toujours à voix haute je dis « J’en ai marre, un peu de civisme tout de même » et je fonce tout droit vers la caisse dépassant deux dames sur le coté. Je crois que sous le coup de la colère, j’aurais écrasé un éléphant. Et là, oh miracle j’entends un couple, me proposer de passer avant eux. Le déclic a tout de même eu lieu pour certaines personnes mais le plus terrible, pas pour d’autres…  Cet invidualisme à outrance me scandalise.

 L’incident clos, nous nous dirigeons vers la sortie vers la voiture garée face aux portes du supermarché sur une superbe place handi, large à souhait. J’arrive à la voiture et reste scotchée. Une camionnette estampillée comme transportant des personnes handicapées pour une maison de retraite m’empêche de m’approcher de la portière car elle s’est garée trop près de la voiture en grignotant environ 1 mètre de notre place. J’en suis restée sans voix.  En principe, la personne transportant des personnes à mobilité réduite connait le problème, non? Hé bien non, le scandale est qu’on ne fait pas attention à autrui. Je me gare et je me casse…. Encore un problème d’individualisme: l’autre, je m’assois dessus et j’en fais un confetti. GRRRRRRRRR Je m’en veux de ne pas avoir eu le réflexe de prendre cette camionette en photo et de la faire publier par l’association « Notre sclérose ». Cela valait vraiment le coup.

Le supermarché épisode 3: ça roule plus tout seul

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Bon, il fallait bien que ça arrive un jour, je roule toujours mais plus toute seule: j’ai besoin d’un pousseur. Qu’à cela ne tienne! Pas question de renoncer à l’aventure du supermarché, j’ai solutionné le problème: j’ai un pousseur additionné d’un descendeur et d’un monteur. Je m’explique: mes bras étant devenus déficitaires et possédant actuellement un fauteuil manuel, j’ai besoin d’une tierce personne pour m’accompagner au supermarché. Son  rôle n’est pas simplement réduit à celui de pousseur de fauteuil roulant mais elle doit monter et descendre celui-ci du coffre de ma voiture. 14 kg tout mouillé, le mignon, de quoi vous faire les biceps sans recourir à une salle de muscu!

 

Je vous propose aujourd’hui comme exercice de style: d’acheter le sac de croquette à chat. Caramel (mon chat) a les crocs et il est à sec! Et puis j’ai décidé de faire un complément en épicerie. Vite vite, nous voila parti à l’aventure.

 

10 heure du mat un samedi matin, nous avons décidé mon homme et moi d’aller à mon supermarché favori. Nous nous garons sur une place handi muni de la carte de stationnement hyper pratique. Là pas de souci pour le nombre de places disponibles, même si quelques abrutis de service sans cartes les utilise parce qu’ils sont fatigués de nature. Hou mais c’est sans compter mes PV factices pour le compte de l’association Notre Sclérose. Et paf, c’est tant pis, ils ne l’ont pas volé! Pour en revenir aux places handis de mon supermarché, celles-ci sont parfaitement signalées et confortables à souhait en ce qui concerne la largeur. On peux donc faire toutes les manoeuvres nécessaires avec le fauteuil avec aisance.

 

Mon pousseur en bon « supermarcheur » s’en va par réflexe chercher un caddy. Pourquoi par réflexe? Hé bien essayez donc de pousser un caddy et un fauteuil roulant! Super pratique, vous ne trouvez pas? Bon qu’à cela ne tienne, on se passera du caddy voila tout. Oui mais…Quoi à la fin? Ben, c’est pas possible de prendre non plus des paniers! L’ultime solution consiste à prévoir un sac à dos à l’arrière du fauteuil et encore pas question d’y mettre un sac de croquette pour Caramel de 10 kg.1 ou 2 kg suffiront amplement.

 

Bon maintenant que le transport des emplettes est résolu, on peut se promener tranquillement dans les allées du supermarché. Tranquillement? Comme vous y allez! C’est sans compter les promotions et autres présentoirs qui vous barre la route à tout bout de champ. C’est le moment d’être expert en la manoeuvre.

 

Pour gagner un peu de temps,  je dis à mon homme d’aller chercher une boite de tomate pelée pendant que je me promène au rayon chocolat, incorrigible gourmande que je suis. Et là la tablette chocolat noir aux noisettes entières que j’aime se trouve hors de portée. Grrrrr! Personne. Bon, ni une ni deux, je me lève et l’attrape. Facile, je fais encore quelques mètres en marchant. Mais alors je ne vous dis pas la tête de la ménagère arrivant dans le rayon à ce moment précis! ça vaut son pesant de cacahuète.

 

Bon, nous voici réunis en caisse où nous nous présentons à la caisse prioritaire. J’admire la caisse large et surbaissée de l’enseigne de mon hyper qui évite de me faire passer pour une gosse de 5 ans avec le tapis roulant à la hauteur du menton. De plus ces caisses mal conçues  sont ultra fatigantes pour les personnes qui comme moi ne peuvent  lever les bras en hauteur  sans difficulté. Le tapis surbaissé a donc son importance.

 

Je souris également radieusement  à la caissière qui a l’idée de s’adresser directement à moi pour le paiement et non à mon mari. Je suis a ses yeux une cliente comme une autre. Tout simplement merci de ne pas m’avoir infantilisée comme si souvent dans les commerces.

Voila l’aventure  au supermarché se termine pour aujourd’hui.

Le supermarché – épisode 2- ça roule pour moi

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Ma première petite histoire vous situait les difficultés d’une sépienne en cannes  en supermarché.

 

Celle-ci vous raconte la suite, celle d’une sépienne à roulettes, en l’occurrence moi. Les grandes distances m’étant désormais interdites en cannes, je les parcoure en fauteuil manuel. Quand on est désormais obligée de parcourir plus de 100 mètres en fauteuil roulant, l’aventure en supermarché continue… Yes!

 

Avec mon petit macaron bleu magique, c’est désormais un jeu d’enfant de me garer non loin d’une entrée sur une magnifique place adaptée. La progression est étonnante, j’ai désormais gagné le droit à faire mes courses avec tout le monde et pas seulement lorsque les supermarchés sont vides. J’ai fait un pas de géant dans la socialisation.Ce que je trouve désolant c’est la difficulté pour obtenir la carte de stationnement et son délai d’obtention. Un an pour moi!! Un an de galère pour se stationner quand on circule seule.

Néanmoins dans les supermarchés, j’ai intérêt à avoir les bras musclés car il faut descendre, remonter mon fauteuil dans  le coffre et  rouler dans ces interminables couloirs. De quoi est-ce que je me plains? J’ai une séance de rééducation gratuite pour mon petit bras gauche déficitaire. Bien, une fois dans le temple de la consommation, je dois reconnaître que l’effet fauteuil est magique!

Nombre de personnes inconnues:

1- ne demandent qu’à vous aider  et se proposent spontanément pour aller vous chercher, la boite de pois chiche de 1kg placée à 2 mètres de hauteur

2- vous disent spontanément bonjour, avec un grand sourire alors que d’habitude la règle d’or est que  les « supermarcheurs » se regardent en chiens de faïence.

Cela permet de se réconcilier avec la nature humaine, même dans ces lieux deshumanisants.

Encore un petit point sur la caisse réservée aux handis, femmes enceintes… Là encore,  lorsqu’on se présente en fauteuil, la magie opère. On vous laisse la place, personne ne  s’offusque si vous demandez à passer en priorité. Au contraire, avec un large sourire, on vous dit que c’est tout à fait normal. Mieux, on m’aide à porter mon sac sur le tapis roulant, à le raccrocher sur le fauteuil. Une merveille!

ça c’est clair, il y a suffisamment de motifs pour laisser ses cannes anglaises dans la voiture et se faciliter la vie. Désormais, c’est en fauteuil que je vais chercher mon morceau de conté favori. Je vous l’avais dit que maintenant, ça roule pour moi.

Le supermarché

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Un grand lieu le supermarché, le top! Histoires vécues en parfaite autonomie

 

Le premier défi est de se garer, pas trop  loin d’une entrée et que l’on attend encore le macaron magique de la MDPH depuis ….plus de un an (ceci est une autre histoire)! Bref pour avoir la place de ses rêves, il suffit de venir faire ses courses lorsque les autres ne les font pas.

 

Bien, une fois garée, la seconde étape consiste à franchir le seuil du supermarché très souvent équipé de monstrueux tourniquets ou portes tournantes.. L’épreuve tourniquet est complexe mais après quelques tâtonnements on y arrive avec les cannes, si vous êtes en fauteuil, demi-tour, ça ne passe pas. L’épreuve porte tournante peut s’avérer très drôle lorsque vous avez compris le système. Surtout n’oubliez pas d’appuyer sur le petit bouton handi à disposition pour ralentir le système. Je vous le conseille vraiment pour votre tranquillité et sécurité. Parcourir en béquilles, cette zone au pas de course tient du kamikaze et appuyer sur le petit bouton magique tellement plus amusant. Vous pouvez alors traverser en toute sérénité et en sifflotant tout en observant le comportement des supermarcheurs le nez dans le caddy. « Non de non (version soft) pourquoi ça n’avance plus? Bon puisque c’est, je fonce dans la porte avec mon caddy » La fumée aux naseaux  pour accélérer tout ça et bingo! Le système ralentit, voir se bloque. Et moi, je me marre de ce comportement si systématisé que s’en est d’un drôle…

 

Bon, une fois franchi cet obstacle, les couloirs, l’horreur pour les bras et jambes faibles et fatigués , que vous soyez en cannes ou fauteuil manuel. Ces couloirs interminables pour entrer dans le temple. Puis des rayons, des rayons toujours plus grands, normal me direz-vous,  dans un hyper, maxi, méga(lo) supermarché,  il faut ce qu’il faut! Enfin, je vise le rayon fromage à la coupe, localisé dans le fond du fin fond mais j’aime tellement le fromage  que je ramperais à terre pour avoir un morceau de comté de 2 ans d’âge. Bon j’y suis et là le bonheur, il faut faire la queue! Oh, pas de quoi fouetter un chat, trois ou quatre personnes qui ont bien l’intention de dévaliser le rayon. Pas un regard, le nez et la bouche pincées, même mieux, mes supermarcheurs font semblant de ne pas voir que vous êtes là en pensant de toute façon que si vous avez des cannes, c’est que vous êtes capables de marcher, hein? Et donc d’attendre. Bien sur c’est faire fi de toutes les difficultés précédentes, invisibles aux yeux de Mr ou Mme Toutlemonde  et de cette fatigue si présente et si difficile à gérer. L’inhumanité de la situation vient de ce  qu’il n’y ai tmême pas une simple chaise ou un simple regard attentif. Dans tous les petits commerces que je fréquente assidûment, il y a toujours une chaise, un banc qui vous tend les bras et si ce n’est pas le cas, il suffit de demander et aussitôt une chaise ou un tabouret apparaît et vous pouvez attendre votre tour avec bonheur. C’est simple non?

Revenons au principal, mon morceau de comté de 2 ans d’âge. J’arrive auprès de la vendeuse qui souriante me coupe puis me tend le morceau si convoité. Oui ,mais comment je fais moi pour le prendre et le porter! J’ai les deux mains occupées. Ah oui, alors là confondue en excuses, la vendeuse me place le morceau dans un sachet avec des anses que je peux accrocher sur mes poignées de cannes anglaises. Et là cahin-caha je me dirige vers les caisses avec le sachet me déséquilibrant à chaque pas, se balançant à droite, à gauche.

Comme chacun sait, il y a des caisses prioritaires prévues pour les handis, femmes enceintes etc… Fort bonne chose, lorsque bien sur, premier point, elles sont ouvertes!!! Si c’est le cas, elles sont elles aussi en règle générale, envahies par la clientèle en période d’affluence. Vous allez dire que j’ai priorité! Oui  bien sur,  mais  bonne éducation oblige, vous attendez calmement, comptant sur le civisme des personnes présentes. Je dois dire que celui-ci existe mais pas toujours…Auquel cas, j’ai du apprendre à combattre ma nature qui était celle d’attendre une bonne volonté. Donc, ni une, ni deux, je racle la gorge et vais à l’attaque en disant: « Excusez-moi, pouvez-vous me laisser passer » sans attendre la réponse et m’imposant à la première place. En général cela s ‘accompagne du regard très désapprobateur des clients des autres caisses, outrés qu’il n’y ait pas eu spontanément ce geste civique. De toute façon, s’imposer c’est dur à faire, il faut prendre énormément sur soi. Et histoire véridique, c’est d’autant plus dur lorsque la caissière a décidé de ne pas vous regarder et de passer avant le petit jeune-homme qui n’en a pas pour longtemps! Ce jour là, j’ai été tellement suffoquée que j’en suis restée muette et ai attendue sans piper mot, imbécile que je suis. Par contre présentez-vous à la même caisse  en fauteuil, hé bien là, paradoxalement, tout le monde s’écarte et vous laisse passer, c’est magique! Alors que là , bien calée dans votre petit fauteuil, vous pouvez attendre quelques minutes. Non, la vie dure on la mène aux boiteux  avec des cannes, c’est vrai, quoi, ceux-là ils peuvent attendre…

Ouf, la caisse enfin passée, réépreuve couloir, tourniquet ou autre,  parking et je m’écroule épuisée au volant serrant contre moi mon petit morceau de fromage si mérité.

Vous comprendrez maintenant sans problème ma haine du supermarché et mon amour imodéré du petit commerce.