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L’usine de transformation chimique
La chimio quand on a une SEP, vous connaissez? Qu’est-ce qu’elle raconte, celle là, une chimiothérapie c’est quand on a un cancer! Hé bien pas uniquement.
Quart d’heure culturel, vous pouvez zapper ou vous instruire!
La chimio peut-être utilisé dans le cas de maladies auto-immunes. Les doses des substances chimiques utilisées sont moindres et ces drogues sont utilisées pour faire chuter le taux de certaines cellules plus que pour les tuer comme dans le cas des traitements anticancéreux.
La sclérose en plaques est considérée comme une maladie auto-immune c’est à dire qui provoque un dysfonctionnement immunitaire. Certains lymphocytes (type de cellules sanguines) produisent les anticorps (lymphocytes B). Ils sont contrôlés par d’autres lymphocytes (lymphocytes T). Les anticorps qui sont produits par notre organisme et normalement sensés nous protéger contre des agresseurs, se mettent à attaquer nos propres tissus, pour une raison inconnue. En cas de maladie auto-immune, on observe un dysfonctionnement des lymphocytes ou leurs destructions. Plus précisément dans le cas de la SEP, les anticorps attaquent la myéline des fibres nerveuses (axones) au niveau du cerveau ou de la moelle épinière. Normalement certains lymphocytes (lymphocytes T) sont capables de reconnaître des virus dans la circulation pour les attaquer ultérieurement. Ils sont « conditionnés ». Ils sont incapables de pénétrer dans le système nerveux central (cerveau, cervelet, tronc cérébral et moelle épinière). Lors de la SEP, les lymphocytes circulant, pour des raisons inconnues, se transforment en lymphocytes activés agressifs et pénètrent la barrière hémato-encéphalique (barrière entre la circulation sanguine et le système nerveux central). Ils prolifèrent provoquant une réaction inflammatoire. Ces cellules libèrent des molécules (des cytokines) entraînant la production d’anticorps qui aboutit à la destruction de la myéline.
Il existe deux types de traitements de fond : les immunomodulateurs et immunosuppresseurs. Les premiers diminuent l’intensité de la réaction inflammatoire et réduisent les poussées. Les second, agissent surtout sur les lymphocytes en inhibant la réponse immunitaire. Ils inhibent ou modifient le fonctionnement des cellules immunitaires. On les utilise lors des formes agressives de SEP du fait des effets secondaires (chute des globules blancs, infections, cancers, atteinte de la fertilité…) nécessitant un suivi rigoureux. Cela permet en général de stabiliser la SEP et de réduire la progression du handicap.
Endoxan (cyclophosphamide) est un traitement immunosuppresseur. Le traitement que je suis, consiste en une cure mensuelle de 6 mois en milieu hospitalier. Le seul avantage, si s’en est un, est de ressembler à une poupée vaudou une fois par mois au lieu de se piquer tous les 2 jours.
Bon, je peux témoigner comme quoi on survit, malgré le nombre impressionnant de substances chimiques qui circulent dans mes veines à l’issue de 24 h de traitement.
Voici le topo pour rire:
1- antivomitif à commencer 2 jours avant la perf à terminer dans 3 jours suivant la chimio
2- bilan sanguin et analyse d’urine la veille
3- boire trois litres d’eau
4- bilan à l’hosto: électrocardiogramme, tension, pesée (quelle horreur!)
5- 3 comprimés de Médrol (corticoides) le matin avant les perf et le midi, beurck, les cachets sont amères, une horreur
6- les perf en suivant: eau salée, protecteur de la vessie, antivomitif, l’endoxan (pendant une heure), eau salée, protecteur de la vessie, eau salée, protecteur de la vessie.
7- C’est fini!
Oups, mais non, j’oublie les délicieux petits effets secondaires: haut-le-coeur, nausées et régurgitations. Les veines qui claquent, le bras qui gonfle, on repique, on surpique, on dépique, je ne sais plus trop… Une nuit sympa comme il se doit avec reperf de Zophren, (un antivomitif puissant administré lors des chimiothérapies) en pleine nuit pour me soulager .
Conclusion: out, explosée par ce traitement de cheval mais je suis la preuve vivante que l’on peut survivre à la guerre chimique. Ma seule restriction: c’est qu’il m’est strictement interdit de faire pipi dans le jardin, il parait que ça fait désherbant et que plus rien ne repousse au grand désarroi d’Idéfix.






Merci Lukke, contente de t’avoir fait rire. C’est vrai que cela fait grand bien.
27 octobre, 2010 à 22:06Et bravo pour vos permanences de l’APF, amitiés à tes amis!
Oui vraiment l’histoire du pipi : super !
Bonnes semaines à venir.
Je n’ai pas toujours l’occasion de venir sur ton site mais aujourd’hui j’en ai eu le loisir et tu m’as fait bien rire : le rire c’est comme une étincelle d’éternité et des abdo ! : cela fait beaucoup de bien dans tous les sens.
Je m’en vais dire tout cela à mes amis Frantz et Marioult de l’APF dès mercredi matin où j’ai ma permanence de bénévole.
A bientôt
25 octobre, 2010 à 17:55Merci Lulu pour ta petite visite, cela me fait bien plaisir. Bisous
11 octobre, 2010 à 22:45